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Rencontre avec Kassim Sanogo

09/11/2018
Autour de Gao, la résistance d'un peuple, film présenté en octobre à la 27ème Quinzaine du cinéma francophone
pays concernés :
Burkina Faso
France

C'est un regard inédit, de l'intérieur, sur la lutte de la population de Gao contre ses envahisseurs, en 2012. Ce documentaire malien a été présenté pour la première fois le 5 octobre à Paris, à la Quinzaine du cinéma francophone à Paris organisée dans le cadre du Festival Francophonie Métissée (*) qui a accueilli concerts, lectures, expositions au Centre Wallonie-Bruxelles. La programmation de films qui compose la 27ème Quinzaine du cinéma francophone, soutenue notamment par l'OIF, est due à Louis Heliot. Ce cinéphile averti, responsable du secteur cinéma, choisit chaque année, des films francophones de tous horizons, produits ou coproduits fréquemment par la Belgique.
La sélection 2018 comprenait un hommage à l'Arménie, en lien avec le 17ème Sommet de la Francophonie, organisé à Erevan.  Outre la figure de Sergueï Paradjanov, défendue par l'acteur réalisateur Serge Avédikian, et des courts-métrages de la nouvelle génération d'Arméniens, le programme a fait la part belle aux productions européennes en avant-premières, souvent accompagnées de leurs auteurs, sans oublier les liens avec l'Afrique.
 
La Quinzaine s'est ouverte avec le nouveau long-métrage du Rwandais Joël Karekezi, The Mercy of the jungle, une réflexion âpre sur les conflits d'Afrique centrale, pour se conclure avec la fiction du Tunisien Mohamed Ben Attia, Mon cher enfant (Weldi), sur les désarrois d'un père face au départ de son fils pour la Syrie. Ces deux films ont bénéficié du soutien du Fonds Image de la Francophonie. Entretemps, le documentaire du Malien Kassim Sanogo, Gao, la résistance d'un peuple a pu susciter un débat animé pour sa première projection publique, en sa présence.
Le film prolonge l'exploration culturelle, engagée par Kassim Sanogo avec Ça brûle dans nos têtes, 2008, Couleurs arc-en-ciel, 2012, et Donko, la connaissance, 2013. Cette fois, son regard se fait plus politique pour célébrer la fierté de la population de Gao en butte aux forces indépendantistes du MNLA (***) et aux Djihadistes qui ont pris la ville en 2012, en alternant témoignages actuels et vues des faits. A l'occasion de son passage au Centre Wallonie-Bruxelles, Kassim Sanogo aborde le sens des images maliennes aujourd'hui, en précisant les enjeux de Gao, la résistance d'un peuple.
 
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Témoigner de la lutte civile
 
- Que voit-on dans votre film ?
On voit essentiellement comment la lutte syndicale des résistances de la jeunesse de Gao, au nord du Mali, s'est organisée et ce qui s'est passé quand la ville a été occupée, en 2012.
 
- Pourquoi avez-vous voulu revenir sur les événements de 2012 ?
C'était une année très symbolique même si c'était une " année noire " comme on pourrait dire, pour nous Maliens. A cette époque, il y a eu un coup d'Etat et après une partie du pays a été annexée. Je me suis dit qu'il fallait au moins montrer quelque chose pour savoir ce qui s'était passé. Comme on dit chez nous : " Quand tu sais d'où tu viens, tu sauras où tu vas ". Donc quand on aura bien connu ce qu'était cette histoire, cette lutte qui a permis à toute une ville de se libérer du joug des Islamistes, on comprendra ce qu'il faut faire maintenant pour s'organiser, pour avoir un avenir meilleur.
 
- Aviez-vous tourné des images à l'époque ?
Je n'étais pas à Gao à l'époque pour pouvoir tourner mais j'étais en relation avec mes amis patrouilleurs qui étaient là bas. Ils forment un mouvement de résistance donc ils ont tourné. Je me suis servi de certaines de ces images dans mon film pour illustrer ce qui s'est réellement passé à l'époque. Ils avaient un caméraman, des gens formés à la vidéo. Ils se sont servis de caméras portables parce que c'était vraiment très dur de filmer avec des caméras professionnelles. Donc il y a eu des images tournées avec des petits caméscopes, de petits appareils photos. Elles ont quand même une qualité qui leur permet d'être diffusées que ce soit en télévision ou au cinéma.
 
- Mais pourquoi revenez-vous vers cette histoire, aujourd'hui, en vous mettant en scène avec une démarche qui apparaît un peu comme une enquête ?
Ce n'est pas vraiment une enquête. Ce mot a beaucoup été utilisé par la justice, la police…  Je n'ai pas envie de faire ça. Pour moi, il s'agit en ce moment, d'écrire une page de l'histoire du Mali. C'était important de revenir sur cette lutte. A l'époque, les journalistes occidentaux, même la presse locale, n'avaient pas l'accès pour partir là-bas parce qu'on disait que c'était une zone très dangereuse. Donc il n'y a pas eu beaucoup de choses qui ont été véhiculées sur cette lutte. C'est pour ça que je dis qu'elle a été oubliée. Alors c'est comme un " devoir de génération " pour moi. Il n'y a pas tant de personnes de mon âge, de ma génération, au Mali, qui font du cinéma. Au nord, il n'y a pratiquement plus personne qui pouvait vraiment faire ce film  alors que moi, les gens qui étaient sur le terrain, les leaders de ces différents mouvements de résistance, soit on a fait la faculté ensemble, soit ce sont des gens avec lesquels j'ai fait  une carrière de hip-hop. Car j'ai un passé avec le hip-hop avant de venir au cinéma.
 
Rencontrer des acteurs du terrain
 
- Vous connaissiez tous les gens que vous approchez pour le film ?
Oui je les connaissais bien. Je n'ai pas débarqué comme ça avec un sac à dos à Gao, pour essayer de faire un film sur ce qui s'est passé. C'est d'abord une histoire d'amitié, de collègues. Moussa Bouréima Yoro qui est le chef de file du mouvement de résistance, le coordinateur des jeunes patrouilleurs de Gao, on a fait la fac de philosophie ensemble. J'ai suivi le cursus jusqu'au Master pendant quatre ans avec lui. Après on s'est perdus de vue parce que chacun a pris son chemin. Moi je me suis formé au cinéma et je suis allé au Sénégal, au Bénin, au Togo, au Maroc, dans mes recherches documentaires, mes formations, pour essayer d'avoir les bases qui me permettraient de faire des films. Lui est rentré à l'école supérieure et il s'est formé pour devenir enseignant. Il est professeur de philosophie dans un lycée, à Gao… Je suis arrivé dans la ville sous la conduite de Adama Maïga qu'on appelle Nosby, qui est un ami rappeur, chef de file des patrouilleurs de la 101 base rasta de Gao, avec qui j'ai nourri les bases et la genèse de ce film. Dès que j'ai été là, j'ai découvert que c'était Moussa Bouréima Yoro qui dirigeait ce mouvement des patrouilleurs. A partir de là, les liens se sont renforcés et on a compris qu'on avait quelque chose à faire ensemble parce que ça venait de loin.

- Comment avez-vous découvert les autres protagonistes du film ?
Je les ai découverts soit par Moussa, soit par Nosby. Un autre ami, Abdul Salam Hama, le coordinateur du premier site d'informations sur le Sahel, sahelien.com, m'a fait découvrir d'autres acteurs de la résistance civile à Gao. Ils étaient très impliqués dans la lutte et voilà pourquoi j'ai donné une place importante à des gens comme Soumana Amadou Maïga, nommé Roujeo, qui était très emblématique. Lors du premier repérage, à travers ses propos, j'ai senti qu'il avait un potentiel. J'avais peur de rencontrer des personnes qui n'avaient pas une culture générale ou connaissance suffisante du phénomène qui a gangrené le nord du Mali. Avec Moussa, il n'y avait pas de problèmes parce qu'il a un Master de philosophie, et il y avait de la matière à cogiter. Pour les autres, j'avais peur de tomber sur des gens qui sont uniquement dans une dynamique de révolte. Mais ce n'était pas le cas. Roujeo est métis parce que l'un de ses parents est Touareg, l'autre est Songhaï. En plus, il était guide touristique et il a bien sillonné cette zone. Il connaissait les enjeux des conflits entre les Touaregs, les indépendantistes, les problèmes entre les communautés du nord Mali. Roujeo a un discours profond sur la naissance de tous ces mouvements, cette vague de migrations, des jeunes qui veulent venir au nord du Mali, la manière dont ils traversent le désert… Je n'ai pas abordé ça dans le film car je trouvais qu'il y avait urgence de se concentrer sur mon sujet. Même s'il y avait de la matière, il faut savoir faire un tri. Ce film pouvait durer 1h30 mais c'est un choix de faire une durée de 54' pour pouvoir juste bien expliquer un phénomène qui est l'organisation et le déroulement de la lutte contre l'islamisme radical et contre les indépendantistes du MNLA.
 
Réfléchir l'organisation de la lutte
 
- On a peine à croire que des citoyens sans armes aient pu tenir tête  à des occupants venus avec leurs voitures, leur artillerie…
Oui, quand on le dit, on du mal à le croire mais quand on voit les images, on comprend tout de suite ce qui s'est passé. Les Djihadistes n'étaient pas des milliers, les indépendantistes non plus. C'étaient juste des gens armés alors que la population de Gao, c'étaient des centaines de personnes, des dizaines de jeunes qui sortaient dans la rue avec des gourdins, des pierres, à bras nus, qui disaient : " On est fatigués, partez de chez nous. On n'en veut plus ! " La jeunesse de Gao a un slogan qui dit : " Le peuple est plus fort que les armes ". Je suis d'accord avec eux parce que le peuple de Gao a eu raison. Jusqu'à l'arrivée des armées, ils ont quand même tenu à protéger leur ville, à faire entendre ce qu'ils voulaient parce que même si les Djihadistes avaient des armes, la jeunesse de Gao sortait toujours pour faire ses marches. C'est vrai que certains ont été tués, d'autres amputés des bras ou des pieds, mais ils ont continué la lutte quand même. Comme le dit Mohamed Soumelou Traoré, le célèbre chroniqueur, animateur de l'émission songhaï sur radio Naata, qui les a beaucoup soutenus : " Ce n'est pas la première fois que Gao se rebelle ou se dresse contre une occupation. Il y en a eu d'autres dans l'Histoire, et c'est ancré dans la culture Songhaï ". Ils ne vont jamais se laisser malmener ou que quelqu'un vienne d'ailleurs et dicte ses lois. Non, on peut avoir une place pour s'installer mais ça se passe dans le dialogue, pas par les armes.
 
- Est-ce pour appuyer cette réflexion que vous êtes allé rencontrer et filmer le Conseil des anciens ?
C'était très important que j'aille les rencontrer parce qu'ils ont joué un rôle essentiel et même existentiel, dans cette époque où le nord du Mali et la ville de Gao ont été occupés par les Djihadistes. L'armée était partie, le gouvernement, l'administration aussi. Qui a joué le rôle de médiateur entre les groupes armés et la population ? C'est ce Conseil des anciens. C'est eux qui étaient là, ils ont fait fonctionner la ville. Comme ils le disent dans le film, ils ont assuré l'énergie, c'est à dire le courant pour que l'électricité puisse continuer à être produite. Ils ont distribué de l'eau puisque à l'époque, les Djihadistes avaient tout coupé. Eux ont négocié pour que tout ça fonctionne. Même l'école a ouvert. C'est vrai que Ouleymatou Maïga, dite Oura, l'institutrice, s'est beaucoup battu pour que les enfants puissent continuer à aller à l'école, que les examens puissent se tenir, pour que l'année scolaire ne soit pas " blanche ", comme elle le dit. Mais le Conseil des notables de Gao a joué un très grand rôle. Donc pour moi, c'était très important d'aller les rencontrer pour qu'ils me racontent, de leur propre bouche, ce qu'ils ont fait pour le Mali. J'ai voulu qu'on comprenne les enjeux de ce conflit qui nous a jeté les uns contre les autres, ce qui s'est passé, pour essayer d'envisager l'avenir ensemble.
 
Transmettre une vision de l'histoire
 
- Avez-vous montré le film aux gens de Gao ? 
            La première projection a eu lieu à Paris, pour la Quinzaine du cinéma francophone, et fin décembre, je retourne à Bamako. Pendant le mois de janvier, il y aura au moins une projection à Bamako et d'autres dans le Mali. J'envisage de projeter le film à Gao pour voir au moins ce que ça peut apporter. Mais tout cela ne peut pas se faire sans un minimum de garantie de sécurité. Je suis en train de voir avec des partenaires, des ONG qui oeuvrent pour l'organisation ou le maintien de la paix au Mali, surtout dans le nord, dans quel contexte je peux envisager de faire une projection pour la population de Gao.
 
- Vous avez dit que vous auriez pu faire un film de 1h30, pourquoi vous ne l'avez pas fait ?
J'ai compris qu'il y avait trop de choses à dire, cette jeunesse a trop de choses à dire. Tous les personnages que j'ai filmés ont trop de choses sur le cœur… J'aurais pu parler du rôle de l'émigration, comment elle passe de la sous-région ouest africaine par le nord du Mali pour arriver en Lybie ou en Algérie, avant d'embarquer sur les côtes pour aller en Europe. J'aurais pu parler aussi des failles du gouvernement malien, des violences qui ont été faites sur les femmes, les femmes violées, tous ces problèmes qui gangrènent le nord du Mali… Je n'ai pas voulu m'étaler sur ça pour faire un film long. J'ai juste voulu me concentrer sur cette partie qui est capitale pour moi : comment la jeunesse de Gao s'est organisée pour lutter contre l'occupation des Islamistes et des indépendantistes. Ce peuple de Gao est un peu pris entre le marteau et l'enclume. Au sud, à Bamako, on les prenait pour des traîtres à un moment. On pensait que c'était eux qui livraient les secrets du Mali aux Djihadistes et aux indépendantistes. Pendant ce temps, les indépendantistes du MNLA pensaient que tous ces Songhaï étaient des vendus qui ne voulaient pas se rallier à la cause indépendantiste, et qu'ils étaient plutôt du côté du gouvernement du Mali. Donc ils étaient entre les deux alors qu'eux, géographiquement, ils sont plus proches du Niger… Ils auraient pu envisager une lutte indépendantiste pour créer un Etat Songhaï ou un Etat de Gao. Ce peuple est très ancien depuis les empires… Mais ils ont dit : " Nous, on veut être maliens ". Donc pour moi ces gens qui ont lutté pour les couleurs du drapeau du Mali, vert, jaune, rouge, c'est capital qu'on puisse comprendre comment ils se sont organisés, ce qu'ils ont fait pour ce Mali. Et qu'est-ce qu'on peut faire maintenant pour vraiment les intégrer… Pour moi, c'est un devoir de génération.
 
- Le cinéma peut-il aider à quelque chose par rapport à ça ?
Je ne dirais pas le cinéma parce que c'est une certaine discipline pour moi, comme la musique, le théâtre, mais je dirais plutôt l'image. C'est le médium aujourd'hui qui est le plus efficace pour la communication et pour que les peuples, les pays, les mentalités, les cultures puissent se donner des nouvelles. Il est important d'utiliser l'image pour pouvoir rapprocher les cœurs, les peuples, les cultures, pour pouvoir régler des conflits.
 
Elaborer un projet pour défendre la culture
 
- Qu'est-ce qui vous a permis de produire ce film ?
C'est une longue histoire. Je peux dire que j'ai mis au moins quatre ans pour faire ce film. J'ai écrit une première version en 2012. Après le scénario a beaucoup évolué en fonction des producteurs parce que j'en ai changé deux fois et c'est avec le troisième que j'ai bouclé la production. Le premier producteur était Serge Moati qui travaillait sur une chaîne,  avec qui j'ai signé la première version du scénario. Puis la personne qui s'occupait des coproductions Afrique est partie donc il a eu du mal à trouver une autre personne pour s'occuper du projet. Comme ça tardait, j'ai proposé de reprendre mon scénario pour pouvoir continuer parce que pour moi, il y avait urgence de faire ce film. J'ai proposé le scénario à mon producteur habituel, Yves Billon, avec qui j'ai fait mes deux documentaires précédents. J'ai signé avec lui et on a écrit une autre version du projet et puis il a eu des soucis de santé. C'était très compliqué et je voulais toujours faire le film donc j'ai repris mon scénario et je l'ai proposé à Julien Fiorentino de la société L'Echangeur. C'est d'abord un ami avant d'être mon producteur, qui est venu plusieurs fois au Mali. Il  a vite compris ce que je voulais : faire un film important non seulement pour la communauté internationale mais encore plus pour le Mali. On a réuni les conditions pour le faire avec le CNC et d'autres fonds, et on a pu réaliser Gao, la résistance d'un peuple.
 
- L'Etat malien vous a t'il suivi ?
Je dirais que l'Etat malien a fait ce qu'il pouvait parce qu'ils nous ont fourni au moins un document qui s'appelle " attestation de diffusion " avant le film. C'est à dire qu'ils lisent le projet et qu'ils disent : " On est intéressés par ce film. Il a une valeur importante sur nos antennes parce que ça va permettre au peuple de se comprendre… " Donc ils donnent un document avec lequel j'ai pu aller chercher de l'argent parce que c'est comme un premier diffuseur. Bien sûr la télévision malienne à elle seule ne pouvait pas me permettre de faire le film. J'ai aussi d'autres diffuseurs notamment au Maroc, en Allemagne, en France. Ces quatre pays associés avec leurs chaines de télé, m'ont permis d'avoir des fonds pour pouvoir réaliser le film. (***)
 
- Aucune autre organisation officielle ne vous a aidé ?
Si, il y a le CNC qui nous a donné de l'argent notamment pour le montage et la post production. Bien sûr tout cet argent n'était pas suffisant mais on a fait le film avec de maigres moyens, et on a pu le mener à terme.
 
- Au final, qu'est ce qui vous a guidé lors du montage avec tous les témoignages recueillis ?
J'avais un dossier bien ficelé, bien écrit qui m'a permis de savoir ce que je voulais. Comme je l'ai dit, je ne voulais pas m'étaler. Je ne suis pas à mon premier film, c'est la quatrième. Cette expérience m'a permis de savoir ce que je voulais garder. La monteuse et le producteur ont beaucoup contribué avec leur regard extérieur. Moi, j'étais beaucoup trop dans le projet. Quand on a écrit, tourné, qu'on fait le montage, à un moment, on a besoin d'un œil extérieur pour ne pas perdre la ligne par rapport à ce qui était écrit et auquel il fallait que je sois fidèle.
 
- Avez-vous beaucoup changé votre manière de faire depuis votre premier film qui traitait lui, de la résistance musicale ?
Aucun des quatre films que j'ai fait ne se ressemble. Les trois premiers films étaient plutôt dans l'environnement de la culture. Celui-ci est beaucoup plus géopolitique. J'ai l'impression que chaque fois, je m'améliore…
 
- Votre prochain projet va t'il aborder plutôt la culture ou bien la politique comme vous le faites avec Gao, la résistance d'un peuple ?
Ça sera plutôt la culture. Ca vibre dans nos têtes, c'était le hip-hop underground au Mali, Couleurs arc-en-ciel, les techniques de teintures artisanales et naturelles, en opposition avec les teintures chimiques, sur des textiles 100% maliens. Après Donko, la connaissance, montrait les mouvements de peintres ouest africains. C'est vrai qu'avec Gao, la résistance d'un peuple, je suis parti plutôt sur un univers politique. Mais avec le prochain documentaire, je reviens dans ma case de départ, parce qu'il va parler de danse contemporaine, teintée de couleurs africaines…
 
- Ne pensez-vous pas que notamment au Mali, la culture a quelque chose de politique ?
Pour moi, ce sont deux choses différentes. Je prends la politique comme le domaine où on se charge de régir, de gouverner, une communauté ou un monde. Alors que la culture, c'est le soubassement même. C'est la base de tout ce que les peuples peuvent engendrer, et de tout ce qui fait ce que ces peuples ont pu engendrer ce qu'ils engendrent. La culture est beaucoup plus universelle…
 
par Michel AMARGER
Africiné Magazine / Paris
pour Images Francophones
Crédit image : DR
 
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  (*) Le Festival Francophonie Métissée reçoit le soutien de l'Organisation internationale de la Francophonie, du Ministère de la Culture et de la Communication (France), de TV5MONDE, de Wallonie-Bruxelles international, du parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, du Film Fund Luxembourg, de la Mission culturelle du Luxembourg en France, du Festival international du film francophone de Namur et de Ciné.
 
(**) The Mercy of the jungle et Mon cher enfant (Weldi) ont bénéficié du soutien du Fonds Image de la Francophonie (OIF, Paris)
 
(***) Le Mouvement National de Libération de l'Azawad, créé en 2011, est une organisation politique et militaire, active au nord du Mali, qui revendique l'indépendance du territoire de l'Azawad, recouvrant des zones saharienne et sahélienne.
 
(****) Gao, la résistance d'un people est produit par L'Echangeur (France) et Premiers Films Productions (Mali), en coproduction avec Lyon Capitale TV et Télé Bocal. Il est réalisé avec l'autorisation du Centre National de la Cinématographie du Mali (CNCM), la participation de l'Institut Français du Mali (IFM) et de la MINUSMA (ONU au Mali), le soutien du Centre National de la Cinématographie et de l'image animée (CNC, France), de la Procirep-Angoa, de la DDC - Coopération Suisse au Mali et de Bread for the World. Ses partenaires diffuseurs sont : ORTM (Mali), Lyon Capitale TV, Télé Bocal (France), EZEF (Allemagne), 2M (Maroc), Sahelien.com, Magic Cinéma Babemba (Mali).

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