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Les réalisatrices francophones du Sud moins minoritaires que leurs consoeurs européennes ?

26/11/2019
C'est du moins ce qui ressort d'une comparaison sur 15 ans entre les données de 40 pays européens et celles du Fonds Image de la Francophonie
pays concernés :
Afrique

Une étude menée par l'Observatoire européen de l'audiovisuel et publiée en octobre 2019 indique qu'entre 2003 et 2017 seuls 17% des films européens ont été réalisés exclusivement par des femmes. Le taux atteint 21 % si l'on inclut les co-réalisations hommes-femmes. L'analyse porte sur les longs métrages majoritairement produits et financés par un pays européen et sortis en salles. La part des films réalisés uniquement par des femmes a progressé sur cette période de quinze ans mais très lentement. Elle est passée de 15% en 2003 à 19% en 2017. Cette croissance résulte principalement de l'augmentation du nombre de films documentaires. Même si elles sont plus nombreuses à réaliser des fictions, les réalisatrices sont mieux représentées dans la production de documentaires. Entre 2013 et 2017, leur part a atteint 25% sur les films documentaires, contre 15% pour la fiction et 11% pour l'animation.

Suite à la publication de cette étude par le conseil de l'Europe, une comparaison a été faite avec les longs-métrages soutenus par le Fonds Image de la Francophonie, dédié aux productions des pays francophones du Sud1. Le fonds de l'OIF accorde une aide financière au développement, à la production ou à la finition des œuvres de fiction, d'animation ou documentaires. Tandis que les données de l'Observatoire européen de l'audiovisuel concernent l'année de production, celles du Fonds Image de la Francophonie portent sur l'année où l'aide a été accordée lors des commissions de sélection. Sur cette base, on observe que la proportion de longs-métrages soutenus par le Fonds Image de la Francophonie et réalisés uniquement par des femmes a atteint 21,54% sur la période 2003-2017, soit 4 points de plus que les 17 % mesurés en Europe par l'Observatoire européen de l'audiovisuel. Mais l'élément le plus encourageant est la progression enregistrée entre 2003 et 2017 pour le Fonds Image de la Francophonie. La part des réalisatrices passe de 9.5% à 25%.  En revanche, contrairement à la tendance relevée par l'Observatoire européen, on n'observe pas de nette différence entre documentaires et fictions pour les réalisatrices des pays francophones du Sud. Leur contribution à la réalisation de documentaires (23,68%) n'est que légèrement supérieure à celle observée pour la fiction (22,95%). 

S'il est difficile de faire une projection sur les années à venir à l'échelle de l'Europe, on peut espérer un meilleur équilibre femmes/hommes parmi les bénéficiaires du Fonds Image de la Francophonie. En effet, les aides au développement introduites en 2019 ont bénéficié à 47 % à des réalisatrices, alors que, dans la même année, celles-ci ne représentaient que 16,5 % des bénéficiaires d'aides à la production ou à la finition.

Les nouveaux projets sélectionnés étant plus souvent féminins, on peut s'attendre à un relèvement, à terme de la part des femmes dans les productions achevées. Il ne faut pas sous-estimer, cependant, les obstacles qui, au stade du développement, du financement, puis de la production, peuvent faire chuter la proportion de femmes. Souvenons-nous que, sur les dix années écoulées, la source de financement de films du Sud la plus importante (mais la plus sélective), ACP-Films/ACP Cultures , n'a compté qu'une seule femme parmi ses bénéficiaires : il s'agit de la kényane Wanuri Kahiu, auteur du film Rafiki.


Aïcha Bahri, Volontaire internationale de la Francophonie
Pierre Barrot, Spécialiste de programme audiovisuel/cinéma, OIF
Photo : Maïmouna Ndiaye, comédienne et réalisatrice a été la première Africaine membre du jury officiel du Festival de Cannes.
Crédit Photo : FESPACO.



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