La Disparition

Long-métrage documentaire (90')
Rama THIAW (Sénégal)
Commission Documentaires / Séries 2021 (2ème session, présidée par Rosine Mbakam)
Aide à la production : 50 000 € (25 000 € + 25 000 € de bonus ACP)

  • Durée : 90'
  • Format : Long
  • Type : Documentaire
  • Année : 2023
  • Pays : Sénégal

Une femme a disparu. 

Cette femme noire, de taille moyenne, a vécu intensément. Une vie longue et mouvementée de 52 ans, entre plusieurs continents et aspirations. 

Elle a pris un avion de Paris à Dakar, entre le 10 et le 15 août 2012. Arrivée à l’aéroport de Dakar, elle se serait rendue dans sa ferme à 60 km de la capitale sénégalaise. Elle y serait restée 4 jours. La veille de la Korité, fête qui marque la fin du mois de Ramadan, elle aurait pris un taxi vers la Guinée. Et puis après plus rien. Elle s’est littéralement volatilisée…

Cet essai-documentaire n'est ni une biographie, ni une analyse ou une enquête sur sa disparition, mais plutôt une réflexion sur la permanence et l'impermanence. Ce film est né du besoin de répondre à cette question : "Que laissons-nous derrière nous ?". Quelles traces, quelles empreintes une vie peut-elle laisser derrière elle ? En dehors des souvenirs ? Que reste-t-il vraiment de nous et de notre passage sur cette terre ? 

Cette quête sur la personnalité de ma mère se fera grâce aux témoignages que je recueillerai avec ma caméra, en retraçant qui elle était grâce aux traces sensorielles qu'elle a laissées autour d'elle sur ses proches et sa famille. De mes deux grands-mères, à ses trois maris, en passant par mes frères et sœurs et ses amis proches, toutes les personnes que je filme sont soit des membres de ma famille, soit des amis de ma mère. Beaucoup d'entre eux ont été blessés par la vie et la société, surtout les femmes. 

Je vais articuler le passage d'une étape de la vie de ma mère à une autre, non pas chronologiquement, mais par analogie. J'utiliserai différents matériaux tels que des archives historiques et intimes - des photos, du son, de la vidéo, et mes dessins et animations pour "étayer tout ce qui est non substantiel".

La colonne vertébrale de mon film est la lettre en voix off que j'adresse à ma mère. Cette lettre est écrite dans des tons très particuliers, par lesquels j'entends utiliser l'intimité et l'humour pour refléter la vie exubérante et colorée de ma mère. 

Dans ce paysage qu’est notre mémoire collective, je vais retrouver les traces de ma mère ; et à travers ce portrait, esquisser la voie qui m’a menée au cinéma.