Le négrier du sud face à la mémoire des mineurs marocains

A partir des années cinquante et jusque dans les années soixante-dix, plus de 60 000 travailleurs du Sud du Maroc, illettrés pour la plupart, ont été recrutés pour aller travailler dans les mines de charbon du Nord-Pas-de-Calais avec des contrats de six mois, un an ou dix-huit mois. 

Ces mines, vouées à la fermeture à partir des années 80, avaient besoin d’une main d’œuvre docile, peu coûteuse et, surtout, « jetable ». L’homme qui se chargeait de sélectionner les recrues dans le Sud du Maroc était un ancien des armées coloniales, Félix Mora, qui avait été auparavant « officier des affaires indigènes ». 

Le réalisateur retrace le parcours de ce recruteur si particulier et des milliers de familles dont il a bouleversé l’existence, pour le meilleur ou pour le pire. Parmi les mineurs recrutés, certains sont retournés au Maroc ; d’autres sont restés en France, obtenant de haute lutte, le droit de faire venir leur famille. 

Le film vise à restituer la mémoire de cette « immigration choisie » dont l’artisan en chef, Mora, avait été surnommé « le négrier » parce qu’il vérifiait les dents et les muscles de ses recrues avant de leur appliquer un tampon de couleur sur le torse…