Poupées d'argile

Omrane, la quarantaine, ancien employé de maison, se sent affranchi en devenant courtier de filles de ménage, "bonnes à tout à faire", qu'il transporte sur son triporteur depuis son village natal, célèbre par ses femmes dépositaires du savoir-faire et de la technique de la poterie berbère, vers des familles de parvenus nouvellement installés dans les quartiers faussement huppés de la Capitale. Il se portera garant devant les mères de la vertu et des mensualités de leurs filles. Rebeh, à la beauté rétive, la plus exubérante de ses recrues, submergée par les rudes besognes ménagères, se sentant graduellement happée par la brise des délices de la vie et par le vent de la liberté, prend la poudre d'escampette. Elle a grandi et "cassé sa laisse". Rebeh reste sur la conscience d'Omrane qui part à sa recherche à travers la ville pour la ramener à sa mère, sur son triporteur, accompagné de Fedhah, 9 ans, nouvelle recrue, en attente de placement. La petite fille découvre la ville, pétrissant la motte d'argile emportée dans son baluchon et modelant des poupées d'argile qu'elle écrase une fois finies.

Images : Tarek Ben Abdallah et Gilberto Azevedo
Son : Faouzi Thabet 
Musique : Rabii Zamouri
Format : couleur (35 mm) 


Grand Prix, Festival du cinéma africain de Khouribga, 2004

Tanit d'argent et prix de la meilleure interprétation masculine, Journées cinématographiques de Carthage, 2002

Bayard d'or de la meilleure comédienne et du meilleur comédien, Festival international du film francophone de Namur, 2002

Prix du public, Festival des trois continents, 2002