Simityè Kamoken

Long-métrage documentaire (70')
Rachèle MAGLOIRE (Haïti)
Commission Documentaires / Séries 2020 (2ème session, présidée par Rahmatou Keïta)
Aide à la finition : 16 000 € dont Bonus ACP

  • Durée : 70'
  • Format : Long
  • Type : Documentaire
  • Année : 2020
  • Pays : Haïti

Parfois, des événements sont tellement traumatiques, que la mémoire préfère oublier. L’histoire est alors parsemée de trous, sa transmission est interrompue. Depuis le départ du dictateur Jean-Claude Duvalier, le travail de mémoire sur les crimes de la dictature a laissé la place à la lutte pour la justice face à de nouveaux crimes et s’est embourbé dans les crises politiques. Les souvenirs déjà étouffés sous la dictature, sont restés là où ils étaient.

Beaucoup d’exilés ont fui vers la République Dominicaine, où ils ont constitué des camps d’entraînement. Fred Baptiste, commandant des Forces Armées Révolutionnaires dirige un commando d’une trentaine d’hommes pour débarquer en Haïti, lancer l’avant-garde d’une guérilla dans les montagnes et renverser la dictature. Les résistants clandestins s’appellent kamoken.

Fred Baptiste et sa troupe ont opéré dans le Sud-est pendant deux mois à l’été 1964, ils ont été poursuivis par les forces gouvernementales, monitorés par les services secrets américains, parfois acclamés par l’opposition.

Mais ce qui n’a jamais été rapporté, ce sont les massacres qu’ont fait les forces gouvernementales contre les populations paysannes sur tout le tracé suivi par les rebelles. Des centaines de personnes ont été tuées, et jetées dans des fosses éparpillées entre la ville côtière où a eu lieu le débarquement et la forêt des pins où s’était établi ce petit groupe de guérilleros.

En exploitant des documents d’archives venant de plusieurs sources, de même que les témoignages de paysans qui étaient là à l’été 64, le film se déroule comme une enquête, au cours de laquelle on découvre les faits, et au fur et à mesure, on comprend les mécanismes qui ont permis à une telle terreur de s’établir et de recouvrir Haïti pendant 30 ans. 

On comprend aussi que les trous de mémoire font peut-être partie de la stratégie des dictateurs pour leur survie et leur impunité.