Fonds Image de la Francophonie : un règlement révisé entre en vigueur le 2 mars 2026
La révision comprend de nombreux changements, sans bouleversement. Ces changements appliquent les recommandations d’une évaluation menée par des experts extérieurs, basée sur les avis de plus de 250 professionnels des pays concernés et d’un groupe de travail de cinéastes et producteurs. Ouverture du 1er guichet Cinéma-fiction du samedi 7 au dimanche 22 mars, des guichets Documentaires du 23 mars au 12 avril et Séries du 13 avril au 3 mai, du 2ème guichet Cinéma-fiction du 25 mai au 14 juin. Explication des principales modifications du règlement ci-dessous.
Le Fonds Image de la Francophonie soutient la production de films et séries dans l’espace francophone du Sud (35 pays à ce jour) depuis 1990. Son règlement a évolué au fil du temps pour accompagner les tendances des marchés et les besoins des professionnels des filières locales.
La révision entrant en vigueur le 2 mars 2026 est l’aboutissement d’un processus commencé fin 2024 pour évaluer en profondeur les dispositifs de financement de films et série de l’OIF depuis 10 ans (consulter ici le résumé du rapport d’évaluation). Les changements introduits modifient le périmètre et la composition des différentes commissions, les critères d’éligibilité et les critères de sélection des projets financés. Les principaux changements sont présentés ci-après.
Le périmètre et la composition des commissions du Fonds Image de la Francophonie
- Il y aura 3 Commissions au lieu de 2 car la Commission unissant Documentaires et Séries fonctionnait difficilement, du fait de la difficulté de réunir des experts compétents à la fois dans les 2 catégories. La Commission Cinéma-fiction est maintenue telle quelle et continuera de siéger deux fois par an (le premier appel sera ouvert du 7 au 22 mars 2026, le deuxième du 25 mai au 14 juin) ; l’appel unique annuel pour les Documentaires sera ouvert du 23 mars au 12 avril ; l’appel unique annuel pour les Séries du 13 avril au 3 mai.
- Les Commissions comprendront 6 membres au lieu de 7 et leur indemnisation, dont le montant avait été fixé en 2004 sans augmentation depuis, sera revalorisée.
- Chaque Commission inclura au moins un professionnel de la production et un professionnel de la diffusion / découvrabilité, pour s’assurer de la viabilité financière et commerciale des projets. Par ailleurs, la chaîne internationale TV5MONDE, qui est un des quatre « opérateurs de la Francophonie » (avec l’Agence universitaire francophone, l’Association des maires francophones et l’Université Senghor d’Alexandrie) continuera de siéger, comme membre consultatif (sans droit de vote).
- Afin de renforcer une ligne éditoriale répondant au mieux aux besoins des filières et publics locaux, chaque Commission du Fonds comprendra au moins 2/3 de personnes originaires et vivant dans les pays du Sud (soit un minimum de 4 membres sudistes sur 6).
- Le recrutement des jurés continuera à se faire, comme c’est le cas depuis 2024, au moyen d’un appel à candidatures, mais les trois Président-es seront désigné-es à la discrétion de la haute hiérarchie de l’OIF, qui les choisira en raison de leur prestige professionnel.
Les critères d’éligibilité des candidats et de recevabilité des projets
- Les aides sont toujours destinées uniquement à des structures (sociétés privées, télévisions publiques) enregistrées dans les pays éligibles du Sud (Etats-membres de l'OIF listés dans la Notice) comme c’est le cas depuis 2020, mais elles devront désormais être indépendantes, c.à.d. majoritairement contrôlées par des actionnaires issus de ces mêmes Etats éligibles du Sud, excluant ainsi les filiales contrôlées par des actionnaires du Nord. La mission du Fonds est en effet, non seulement d’aider les films à entrer en productions, mais à renforcer les filières locales.
- Seuls les projets montés en coproduction entre au moins 2 Etats francophones (dont au moins un du Sud) seront désormais éligibles, et la part des coproducteurs du Sud devra être de 40% au moins. Cette clause prévoit une possible dérogation, sous réserve d’une argumentation solide sur la nécessité d’un moindre taux : par exemple, certaines productions ne peuvent aboutir sans un financement d’Eurimages, dispositif imposant 70% de parts européennes.
- Afin de limiter la surreprésentation de certains pays plus forts que d’autres, le nombre de candidats d’un même pays est fixé à 6 maximum par session de 50. La présélection de ces projets se fera suivant des critères spécifiques à chaque catégorie d’aide (développement, production, finition) précisés dans le règlement.
- La règle imposant un préfinancement sécurisé et prouvé à hauteur de 40% du budget du film est assouplie : elle ne s’appliquera qu’aux projets d’un budget égal ou supérieur à 250.000 € afin de ne pas pénaliser les candidats dépourvus de fonds de soutien local. Elle est maintenue pour les projets plus ambitieux afin de ne pas risquer des fonds publics sur des projets ne présentant pas de garanties de viabilité. Les financements prouvés pourront comporter des apports des coproducteurs ou en industrie à concurrence de 10% du budget total.
Les critères de sélection des projets
- Les premiers objectifs du Fonds, qui dictent les travaux des commissions, restent la promotion de la création francophone du Sud, la professionnalisation des filières du Sud, le renforcement des coproductions francophones. Le critère premier de sélection sera toujours la qualité des projets et leur viabilité ; trois critères déjà pris en compte par les Commissions par le passé sont désormais officiellement explicités : l’amélioration de « la place des jeunes talents, des femmes et des Etats et gouvernements dont le secteur cinématographique et audiovisuel est moins développé ».
Types d’aides, montants, modalités, autres
- Les aides seront les mêmes que depuis 2018 : aides au développement (réservées aux candidats des 30 Etats éligibles d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique), aide à la production et aides à la finition. Les aides seront principalement financières mais pourront consister ou être complétées par des dispositifs d’accompagnement artistique et/ou technique, en particulier pour les aides au développement, afin d’améliorer le taux d’aboutissement des projets candidats.
- Les plafonds d’aide sont uniformisés entre les 3 Commissions, avec un maximum de 10.000 € en développement, en production à 100.000 € pour les longs-métrages et séries et 15.000 € pour les courts, à 40.000 € pour la finition (qui reste réservée aux longs-métrages et séries).
- Les guichets resteront ouverts entre 2 et 3 semaines, afin de ne pas pénaliser les pays exposés à des coupures de courant ou des connexions à internet défaillantes.
Des webinaires d’information seront organisés dans la semaine suivant l’ouverture de chaque guichet :
- 1ère Commission Cinéma-fiction : jeudi 12 mars 2026 à 15h (heure de Paris)
- Commission unique Documentaires : lundi 30 mars à 15h (heure de Paris)
- Commission unique Séries : lundi 20 avril à 15h (heure de Paris)
- 2ème Commission Cinéma-fiction : la date sera annoncée via l’infolettre de l’OIF*.
S’inscrire aux webinaires ici.
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Aucune précision sur les nouvelles clauses ne sera fournie en dehors de ces réunions en ligne.
Le site cinéma et images